La valeur de la connaissance

Au Cambodge, une jeune mère réalise que la formation est mieux que l’assistance matérielle.

Saro Seouy est une jeune mère qui habite dans le village de Kok Chan au sein du district de Varin, dans la province de Siem Reap, au Cambodge. Elle n’a pas d’adresse résidentielle, et si c’est le cas, vous ne pouvez pas trouver sa maison sur Google Maps. Son village en entier n’apparaît même pas sur une carte géographique.

Saro est mariée et elle a une fille de 2 ans. Elle et son mari sont des agriculteurs qui cultivent du riz et du manioc dans le climat tropical juste au nord de l’équateur. Le temps varie de chaud à très chaud toute l’année, avec une saison de mousson annuelle qui apporte la pluie. La vie est dure mais elle et son mari sont jeunes et forts.

L’accès aux soins de santé et à l’éducation est difficile pour Saro à cause de l’éloignement et de l’isolement de son village. Bien qu’elle et son mari soient admissibles à des programmes d’aide gouvernementale, ils n’ont pas pu se rendre au bureau du gouvernement le plus proche afin d’obtenir les pièces d’identité dont ils ont besoin pour recevoir de l’aide. Même s’ils avaient ces pièces d’identité, il n’y a aucune aide disponible dans le village de Kok Chan.

Saro a entendu parler d’ADRA Canada lorsqu’elle a assisté à une réunion du village en septembre 2013. Certains représentants d’ADRA Canada étaient présents pour informer le village à propos d’un nouveau projet axé sur le développement, l’hygiène, l’assainissement (y compris les puits et les latrines), la nutrition et l’agriculture. Saro était immédiatement intéressée et elle a décidé de participer au projet. Malgré son manque de pièces d’identité, les travailleurs d’ADRA Canada l’ont quand même inscrite au programme.

Avant de rejoindre ses compatriotes villageois dans le projet ADRA Canada, Saro et sa famille n’étaient pas en bonne santé et ils tombaient souvent malades. Cela les empêchait d’exploiter leur maigre parcelle de terrain, ce qui réduisait la nourriture sur leur table, les produits qu’ils pouvaient apporter au marché et le peu d’argent qu’ils avaient pour acheter des produits de première nécessité qu’ils ne pouvaient pas fabriquer ou cultiver dans leur petite ferme.

Après avoir rejoint le projet ADRA Canada, Saro s’est rendue compte que leur maladie était causée par mauvaises pratiques d’hygiène. Elle a depuis beaucoup appris à propos de l’hygiène, des aliments nutritifs, et de l’importance d’avoir une bonne attitude. « Apprendre sur ces sujets m’a aidé à mieux faire les choses », explique Saro.

Il est important de noter que Saro n’a même pas encore reçu de l’assistance matérielle. Personne ne lui a donné de la nourriture, des outils, des vêtements, du bétail, une meilleure maison ou même des médicaments. Pourtant, les connaissances qu’elle a acquises l’aident déjà !

« Ce que j’ai appris m’a déjà été bénéfique car on m’a enseigné comment mieux prendre soin de ma santé et de ma famille. J’ai réalisé que mon attitude est également importante. Maintenant, je fais des analyses et je réfléchis aux problèmes que j’ai au sein d’un groupe et je prends des décisions pour qu’un jour ma famille ait la meilleure vie à laquelle j’espère. »

L’un des objectifs immédiats de Saro est de construire une latrine près de chez elle. Une latrine améliore non seulement l’hygiène, la santé et la propreté en général, mais dans la pratique, elle facilite simplement la vie. Saro et sa famille ont récemment utilisé les latrines d’une autre famille pour voir ce que c’était – et ils ont été agréablement surpris !

Comme beaucoup d’autres dans son village éloigné, Saro est très axée sur la famille. En tant que tel, elle ne garde pas ses nouvelles connaissances pour elle-même.

« J’ai essayé de partager tout ce que j’ai appris avec ma famille, y compris ma mère, mon père, mes frères et sœurs », explique Saro. « Rien ne pourrait me rendre plus heureuse que d’être abritée sous un toit, avoir du bonheur dans notre famille, et que mon enfant obtienne un diplôme d’études secondaires et jouisse d’une bonne santé. »

« ADRA Canada m’a aidé à améliorer ma santé et à construire mon caractère », explique Saro. « Je tiens à remercier ADRA Canada et ceux qui soutiennent ce projet de partager leur temps, leurs connaissances et leurs argents pour que ce projet se concrétise au sein de mon village. »

Récit rédigé par Ryan Wallace d’aprés une histoire racontée par Dos Dina, travailleur sur le terrain pour ADRA Canada.