Blog du Cambodge

Par Andy Tan

Salut tout le monde ! Je m’appelle Andy Tan et je suis l’un des neuf agents du changement dans le cadre du programme EMBRACE mis en œuvre par Youth Challenge International (YCI) et ADRA Canada. Je suis très heureux de vous écrire de Sandan, Kompong Thom au Cambodge après une longue semaine d’activités, de programmes, et finalement… DE PLAISIR ! Ce blog explique mes objectifs, mon développement personnel et professionnel, et mes observations sur le terrain. J’espère que cela vous donnera un aperçu de ce que j’ai pu expérimenter jusqu’à présent. Alors, commençons !

À Toronto, avant mon départ, j’avais deux objectifs en tête : me développer (1) personnellement et (2) professionnellement. Je suis certain de dire qu’après deux semaines ici au Cambodge, j’ai dépassé mes attentes fixées avant mon départ de Toronto et j’ai grandi énormément d’un point de vue personnel. C’était mon premier voyage international à l’extérieur de l’Amérique du Nord et je le faisais sans les membres de ma famille. Par ailleurs, les « étrangers » rendaient mon voyage encore plus énervant. Toutefois, ces personnes que je considérais comme « étrangers » sont maintenant devenues ma famille tandis que nous nous sommes battus les uns pour les autres, nous nous sommes soutenus les uns les autres durant nos périodes de découragement, mais surtout, nous avons célébré de merveilleux succès ensemble comme membres d’une même équipe.

Un autre grand objectif personnel de ce voyage était d’en savoir plus sur ma culture et, en fin de compte, sur ce que je suis en tant que Canadien de première génération d’ascendance sino-cambodgienne. En effet, dans ma maison, il y a des pratiques culturelles cambodgiennes, mais je voulais vraiment avoir une perspective sur le terrain via e-micro de toutes les histoires d’enfance que ma mère me raconterait quand elle était enfant dans la province de Svay Rieng. Ce voyage a donné vie aux histoires de ma mère qui se sont manifestées dans presque toutes nos activités quotidiennes dans les villages ciblés par le projet EMBRACE. J’étais certainement un « fils à maman » auparavant, mais maintenant j’ai développé un respect sans précédent pour elle et ses capacités à persévérer dans l’adversité, surtout pendant l’ère des Khmers rouges. Je vois la même résilience et la même force chez elle que chez tant d’autres mères et familles cambodgiennes que j’ai rencontrées jusqu’à présent. Maman, si vous lisez mon blog, merci beaucoup et je vous aime de tout mon cœur !

Mon deuxième objectif de cette expérience internationale était de me développer professionnellement. En tant qu’étudiant en quatrième année en sciences infirmières à la Ryerson University, je me passionne pour les soins infirmiers en santé mondiale avec une optique axée sur l’équité en santé, l’enseignement et l’éducation en matière de santé et le renforcement des compétences. À travers mes observations sur les pratiques actuelles du projet EMBRACE, il y avait de nombreux domaines où j’ai vu des membres du personnel performer bien au-delà de mes attentes !

Avant la mise en œuvre du projet EMBRACE, l’accès à la santé et à l’éducation étaient souvent des défis auxquels les mères étaient confrontées en raison du manque de ressources et de services existants dans ces régions éloignées et isolées. Une telle pénurie de ressources conduisait à des taux élevés de mortalité maternelle et infantile qui pourraient être facilement évités si leurs conditions sociales et environnementales étaient améliorées. Pour le moment, le projet est concrètement mis en œuvre au sein de trois districts (districts de Rovieng, Sandan et Choam Ksant), ce qui peut sembler insignifiant dans sa portée mais le projet EMBRACE s’étend en réalité à plus de 168 villages composés de plus de 120 000 Cambodgiens. Tel que démontrée, les enjeux de l’équité en santé s’améliorent de manière significative à mesure que davantage de mères et de familles dans les villages isolés et défavorisés reçoivent des soins de santé accessibles.

En ce qui concerne l’enseignement de la santé et le renforcement des compétences, diverses méthodes ont été mises en place pour enseigner et mobiliser la communauté afin de développer ses habiletés. J’ai assisté et participé aux diverses méthodes d’enseignement utilisées par ADRA Cambodge, y compris des discussions en grand groupe, des discussions en petits groupes, un enseignement kinesthésique, des démonstrations visuelles et même de grands engagements communautaires tels que des marches et des rassemblements. Chaque technique a été méticuleusement déterminée pour maximiser la participation du groupe et l’apprentissage du sujet en question.

Les sujets abordés dans ces forums de discussion portaient sur les meilleures pratiques infirmières telles que la nutrition maternelle/néonatale, l’allaitement maternel, les soins prénatals, ainsi que d’autres concepts de soins infirmiers communautaires tels que le développement communautaire, le militantisme communautaire et l’autonomisation. Que les activités soient directement reliées aux soins infirmiers ou non, j’ai pu constater qu’elles étaient toutes conçues pour accroître les compétences des mères, des pères et des enfants afin d’atteindre une bonne santé pour tous. Cependant, ce qui m’a le plus étonné durant ce voyage, c’est le dévouement, la gentillesse et l’amabilité des membres du personnel d’ADRA Cambodge qui animaient les forums pour le bénéfice des membres de la communauté pendant le déroulement des activités.

J’ai été étonné de voir comment ils étaient capables de fournir des informations plutôt ennuyeuses et complexes à des groupes ayant un faible niveau d’éducation, et ce de manière amusante, engageante et efficace. Qu’il s’agisse de femmes, d’hommes ou de groupes d’enfants, chaque animateur avait une capacité distincte d’enseigner aux groupes au moyen d’une véritable connexion humaniste. Je vais certainement apporter ces compétences d’animation avec moi à Toronto et ainsi améliorer ma propre pratique en tant qu’éventuel infirmier.

Pour conclure, si je devais décrire mon expérience ici au Cambodge en quelques mots, ce serait… transformation pour la vie. Transformation pour la vie parce que c’était la première fois que je voyageais tout seul à l’extérieur de l’Amérique du Nord. Transformation pour la vie parce que je suis retourné sur les lieux de naissance de mes parents où je n’ai plus à écouter les expériences vicariantes de mes parents mais plutôt, me plonger complètement dans le cœur même de la communauté pour vivre véritablement le « Cambodge ». Et enfin, cela a transformé ma vie de pouvoir observer, apprendre et m’imprégner de tout ce que ce joli pays et cette belle culture ont à offrir. Mon récit de blog était un petit aperçu de mon expérience jusqu’à maintenant. Donc, j’ai hâte de vous donner plus de mises à jour dans un proche avenir… Je vous dis : à la prochaine !