Blog d’ADRA Rwanda

Par Imke Bertens

Le Rwanda, la terre des mille collines, est le pays que j’ai eu le privilège d’appeler ma maison pendant les trois dernières semaines. Grâce à ADRA Canada, on m’a accordé le rôle d’agent de changement dans le cadre du projet EMBRACE.

Avant mon départ, j’ai effectué des recherches sur les luttes auxquelles les Rwandais sont confrontées en matière de santé des mères, des nouveau-nés et des enfants; et les programmes mis en œuvre par le projet EMBRACE pour combler ces lacunes. Tout d’abord, il est essentiel de reconnaître les progrès incroyables accomplis par le Rwanda au cours de la dernière décennie. Grâce à des projets comme EMBRACE, les taux de mortalité maternelle et de malnutrition infantile sont à leur plus bas niveau. Mon objectif était d’aller au Rwanda pour être le témoin de ces progrès et pour compléter ma recherche théorique par des déclarations personnelles du personnel sur le terrain et des bénéficiaires de soins de santé. En d’autres termes, je voulais observer la théorie en action ! J’avais l’intention d’observer comment les différentes branches du projet EMBRACE améliorent l’accès et la qualité des services de soins de santé, ainsi que leur impact sur la réduction de la malnutrition chez les enfants de moins de cinq ans.

Au cours des trois dernières semaines, nous avons roulé sur des routes joliment asphaltées et des sentiers montagneux balayés par le vent pour visiter les centres de santé communautaires, les hôpitaux et les groupes communautaires. Je n’oublierai jamais l’accueil incroyablement chaleureux que nous avons reçu sur chaque site du projet EMBRACE, en particulier les groupes communautaires où nous avons été accueillis par des chants et danses traditionnels. Chaque semaine, ces groupes communautaires se réunissent pour discuter de sujets alternatifs tels que WASH-EAH (l’eau, l’assainissement et l’hygiène) et la planification familiale.

D’abord et avant tout, l’hygiène est un enjeu majeur qui est actuellement pris en charge par le projet EMBRACE à travers les groupes WASH-EAH (l’eau, l’assainissement et l’hygiène). On enseigne aux mères qu’elles doivent se laver les mains avant de commencer à cuisiner et on enseigne aux enfants qu’ils doivent se laver les mains avant de consommer de la nourriture. Malgré ces améliorations, des progrès doivent encore être réalisés. Par exemple, il y avait des stations de lavage dans les centres de santé communautaires, mais il y avait de l’eau froide non filtrée et parfois il n’y avait pas de savon disponible. De plus, dans la majorité des cliniques, les outils n’étaient nettoyés qu’à l’aide d’eau de Javel, et les chambres et lits d’accouchement et étaient simplement nettoyées avec de l’eau et du savon. Dans mon état d’esprit axé sur l’hygiène d’une citoyenne occidentale, il m’était parfois difficile de comprendre ces procédures et leur efficacité. Ce qui me déroutait franchement, c’est qu’une pratique si habituelle pour nous – comme se laver les mains après avoir utilisé les toilettes ou avant de manger – est une habitude non pratiquée dans d’autres pays.

La planification familiale est aussi l’un des principaux objectifs d’ADRA et, en tant qu’étudiante inscrite au programme de formation de sage-femme, c’est quelque chose qui m’a vraiment intrigué. La planification familiale est non seulement une méthode importante qui permet aux femmes de prendre le contrôle de leur vie, mais elle est aussi un outil essentiel dans la lutte contre la mortalité maternelle et infantile, ainsi que contre la malnutrition. J’ai appris qu’il n’est pas rare pour un couple d’avoir de nombreux enfants qu’ils ne peuvent tout simplement pas se permettre de nourrir avec des repas nutritifs quotidiens. C’est donc un sujet primordial au sein des groupes communautaires. L’importance de l’espacement des naissances est soulignée, ainsi que les différentes méthodes qui peuvent être utilisées et où elles sont disponibles. Observer les conversations qui se déroulaient au sein ldes groupes communautaires était incontestablement inspirant.

Au début de notre voyage, nous avons appris que beaucoup de femmes ont toujours peur de leurs maris. De par ce fait, souvent elles cherchent secrètement une méthode de contrôle des naissances. Par conséquent, observer des femmes se soutenir mutuellement et répondre aux questions des unes et des autres dans leurs groupes communautaires était merveilleux à voir ! Les choses vont dans la bonne direction pour les femmes mariées qui cherchent à avoir accès au contrôle des naissances, mais il y a encore d’innombrables barrières pour les femmes non mariées. Les relations sexuelles avant le mariage sont encore mal vue et tabou, ce qui rend difficile l’accès au contrôle des naissances. Bien que la planification familiale soit disponible dans tous les centres de santé communautaires, les jeunes femmes ont peur d’y aller au cas où quelqu’un les reconnaîtrait. Même si elles savent que c’est accessible, elles nous ont dit qu’aucunes d’entre elles n’utilisent ces services. Une telle réalité m’a démontré que, malgré les efforts déployés pour concevoir et rendre les services disponibles, les leaders d’opinion de la communauté doivent être éduqués et impliqués dans les initiatives d’ADRA et des organisations similaires.

L’hygiène et la planification familiale ne sont qu’une petite partie de la grande diversité des projets qu’ADRA a mis en œuvre au Rwanda. Nous avons entendu de nombreuses histoires couronnées de succès sur la façon dont ADRA a véritablement transformé la vie des gens. Par exemple : apprendre à prendre soin d’un petit-enfant qui à son tour a permis à sa fille de retourner à l’école, et la transformation de la vie des familles grâce au don d’une vache.

Je me réjouis de poursuivre le reste de notre voyage d’étude et je continue à rassembler des expériences personnelles qui augmenteront encore plus mon amour pour le Rwanda !